MindFintech : Comment Arkéa Banking Services assure le leadership de Crédit Mutuel Arkéa sur les systèmes de place

Publié le 10 avr. 2017


Créé en 2010 et rentable depuis 2013, Arkéa Banking Services a réussi à s’imposer en tant que leader français sur la prestation bancaire pour compte de tiers. Une activité sur laquelle commencent seulement à se positionner résolument d’autres grandes banques françaises et qui permet au Crédit Mutuel Arkéa de s'assurer une volumétrie suffisante pour renforcer sa position au sein des systèmes de place.

Le marché du “banking business process outsourcing”, ou prestation bancaire pour compte de tiers, est en pleine ébullition. Aux banques traditionnelles, qui offrent pour la plupart d’entre elles ces prestations à la marge, s’ajoutent désormais des nouveaux entrants, comme les allemands Solarisbank et Fidor Bank. En France, le Crédit Mutuel Arkéa fait figure de pionnier en la matière. Dès 2009, la banque est passée d’une prestation BtoB orientée sur un seul service ou produit à un modèle de prestation bancaire pour le compte de tiers au périmètre complet.

L’approche volontariste du groupe sur le créneau a été inscrite dès 2009 dans le plan stratégique 2015 ; La banques régionales se heurtait alors à une capacité de croissance limitée par sa géographie et a décidé de miser sur le BtoB pour aller chercher des volumes supplémentaires…et ainsi conserver son indépendance. Car rester en premier rang sur tous les systèmes de place (Stet, Mastercard, CB) et siéger au conseil d’administration nécessite de revendiquer des volumes aussi importants que les grandes banques nationales. En 2010, Arkéa Banking Services (ABS) devient une filiale à 100% de Crédit Mutuel Arkéa et en 2011, elle passe de 4 à 90 collaborateurs en accueillant les spécialistes IT d’Allianz Banque, après la décision de la banque de basculer sur le système informatique du Crédit Mutuel Arkéa. ABS crée alors sa première plateforme BtoB, qu’elle commercialise désormais auprès de ses autres clients.

 

BNP Paribas et Crédit Agricole se lancent sur le créneau


« Le particularité d’ABS, c’est que nous offrons une offre packagée, explique Christophe Bitner président du directoire. Le client n’a pas besoin d’aller négocier avec chaque entité du groupe : les flux, puis la monétique, puis la partie bancaire… » Crédit Mutuel Arkéa a longtemps été la seule banque française à opter pour cette stratégie… Jusqu’à ce que le binôme BNP Paribas / Crédit Agricole annonce le 20 février dernier, le lancement de Copartis pour « devenir un acteur majeur en France dans le domaine de l’outsourcing bancaire et titres à destination des établissements financiers ».


ABS représente 50%  du volume de transaction du groupe


Sept ans après sa création , ABS représente 50% du volume de transaction du Crédit Mutuel Arkéa. « Cela croît tous les ans de quelques pourcents, se félicite Christophe Bitner. Cela a augmenté d’un coup quand on a signé Système U en 2015, notre plus gros établissement de paiement client, qui enregiste 300 millions de transactions par an. Et nous faisons aussi de plus en plus d’économie d’échelle ». Crédit Mutuel Arkéa ne siège pas encore aux conseils d’administration des systèmes de place. Mais, Jean-Luc Dubois, directeur offre moyens de paiement du groupe, assure que « la croissance significative de nos volumes traités a accru notre position dans les systèmes de place français et européens sans que cela nécessite obligatoirement d’être actionnaire des systèmes interbancaires de paiement et donc d’être systématiquement présent dans les conseils d’administration ».


Depuis 2013, ABS est rentable et le groupe n’a pas eu à réinvestir dans sa filiale. En 2016, elle a enregistré un PNB de 38,6 millions d’euros, en hausse de 14%  sur un an. ABS parvient à degager une marge nette d’environ 10% de son PNB. Et sur les 90% restants, si un tiers sert à payer la masse salariale, le reste bénéfice au reste du groupe : « nous achetons les prestations aux autres filiales, commente le président du directoire. Par exemple, Federal Services , GIE de moyen du groupe Crédit Mutuel Arkéa, nous facture plusieurs millions d’euros par an.»

 

Six banques clientes


70% du PNB d’ABS est réalisé auprès de banques : la filiale compte six clients en activité et en mettra deux autres en production en 2017. Elle offre deux grandes familles de produits aux établissements de crédit : produits de la banque de détail (compte courant, carte, moyens de paiement), distribués notamment par Allianz et BPE, et produits d’épargne (livrets, compte à terme, crédit immobilier…) commercialisés par Allianz, BPE, RCI Bank and Services, PSA Banque… La  seconde catégorie représente la plus grosse partie du PNB, notamment grâce aux deux captives automobile RCI et PSA. « Le crédit immobilier et crédit professionnel montent en puissance », note par ailleurs Christophe Bitner. ABS va ainsi gérer tous les crédits professionnels de la Banque Postale, dont le projet de révolution informatique avec Sopra Banking Software ne verra le jour qu’en 2020. 

 

Les fintech représentent 30% du PNB


ABS s’est aussi positionné très rapidement sur le créneau des établissements de paiement (EP), dès 2009 avec Afone ou Buyster. Si en 2013, ce créneau représentait moins de 10% du PNB de la filiale, la proportion est montée à 30% en 2016 avec 16 clients  en production. « 10 autres ont déjà été signés et seront mis en production en 2017 et d’autres signatures sont en cours », décrit  Christophe Bitner.  La société a la capacité de mettre trois fintech en production par mois. 80% du PNB fintech provient en tout cas de société étrangères : ABS a signé Currencycloud, Adyen (qui devrait atteindre les 100 millions de transactions via ABS d’ici la fin d’année), eBury…La filiale leur offre l’accès aux systèmes de compensation bancaire ou monétiques (Stet, Step2, Target, Visa, Mastercard, CB) en jouant le rôle de chef de file et en les accueillant en tant qu’affilié. Elle peut aussi gérer la tenue des comptes de fonctionnement et de cantonnement des EP. Pour recruter les fintech qui gonfleront demain le volume de transaction d’ABS, trois commerciaux sillonnent l’Europe pour compléter les demandes en direct. La filiale étudie trois à quatre dossiers par mois et en rejette un, en moyenne.


Composants « robuste »


« Nous n’avons pas l’ambition d’être le moins cher de la place, mais l’acteur le mieux placé pour accélérer la  transformation de nos clients et leur permettre d’évoluer quand ils souhaitent rattacher de nouvelles briques »,  assure Christophe Bitner. ABS facture « quelque milliers d’euros » en abonnement mensuel pour sa plateforme puis refacture les frais interchange au client en y rajoutant sa propre commission. « Le mark-up va de quelques centimes à une facturation à prix coutant, pour les plus gros clients. »
Reste qu’ABS doit désormais faire face à de nouveaux concurrents, comme Fidor Bank ou Solaris Bank, créés récemment et détenteurs d’un agrément d’établissement de crédit, qui proposent une offre similaire tout en mettant en avant leur agilité de start-up et leur organisation en API. La filiale du Crédit Mutuel Arkéa mise sur « des composants garantis robustes déjà utilisés par les millions de clients de la banque ». « Solaris aura sûrement plus de malà convaincre les grands groupes bancaires, qui s'intéressent d'ailleurs de plus en plus à nous pour externaliser l’un de leur silo, ajoute Christophe Bitner. Les banques patrimoniales privées sont par exemple de plus en plus nombreuses à taper à notre porte pour que nous les aidions à lancer un nouveau produit ou intégrer des fintech ; » Et de conclure : « finalement, notre principal concurrent , c’est l’informatique interne du client ».

 

APIsation : redonner le contrôle aux clients

 

Toujours est-il que la question de l'APIsation" de l'offre d'ABS se pose. Surtout avec se prise en charge de bout-en-bout pour les établissements de crédit: réglementaire, produit... et distribution. Les clients réclament davantage d'autonomie sur certaines briques, particulièrement sur le front; "Nous sommes une banque, pas une SSII qui développe des sites Web donc nous ne pouvons pas être réactifs sur l'adaptation de détails dans le parcours client, par exemple", reconnaît Christophe Bitnet. ABS a donc commé à travailler sur la misen en place dAPI pour laisser le client pour reprendre la main; Sous peu, RCI va d'ailleurs déléguer la gestion de son site et de son application à une agence spécialisée.


                    
Source : https://www.mindfintech.fr/arkea-banking-services-assure-leadership-de-credit-mutuel-arkea-systemes-de-place/